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Actualités4 min de lecture

MaPrimeRénov' fenêtres : ce qui change

Depuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres n'est plus aidé par MaPrimeRénov' par geste. Ce qui change pour les fabricants, et les aides restantes.

Depuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres ne donne plus droit à MaPrimeRénov' « par geste ». Un particulier qui change ses seules fenêtres ne touche plus cette aide. Les autres dispositifs restent ouverts : MaPrimeRénov' pour une rénovation d'ampleur, les certificats d'économies d'énergie, l'éco-PTZ et la TVA à 5,5 %.

Ce que dit le texte

La réforme repose sur le décret n° 2026-822 et un arrêté, tous deux du 25 août 2026. Ils retirent plusieurs travaux du parcours « par geste », aussi appelé monogeste :

  • le remplacement des fenêtres ;
  • l'isolation des murs, des combles et des toitures ;
  • la ventilation ;
  • les poêles à bois ou à granulés ;
  • les chauffe-eau et chauffages solaires.

Les pompes à chaleur air/eau et géothermiques restent aidées. D'après l'UFME, le ministère veut ainsi orienter les ménages vers les rénovations globales et vers l'installation de pompes à chaleur.

Deux précisions comptent pour vos clients. Les dossiers déposés avant le 1er septembre 2026 restent traités selon les anciennes règles. Et les logements classés F ou G conservent le parcours par geste jusqu'au 31 décembre 2027.

Ce qui reste pour financer des fenêtres

Quatre dispositifs demeurent, d'après le point publié par l'UFME le 27 août 2026.

MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur

Les fenêtres restent finançables quand elles s'inscrivent dans un projet global de rénovation.

Les certificats d'économies d'énergie

Les primes CEE, versées par les fournisseurs d'énergie, restent accessibles pour un changement de fenêtres.

L'éco-prêt à taux zéro

Il finance les travaux sans intérêts, y compris un remplacement de menuiseries.

La TVA à 5,5 %

Le taux réduit continue de s'appliquer aux travaux de rénovation énergétique.

Les conditions de chaque aide évoluent souvent : renvoyez vos clients vers les sources officielles avant d'annoncer un montant.

Une aide modeste, un effet réel

En montant, la perte est limitée. Selon les données publiées par l'UFME, MaPrimeRénov' a validé 17 200 dossiers de remplacement de fenêtres en 2024, pour une subvention moyenne de 474 € par dossier. À l'échelle d'un marché de près de 9 millions de fenêtres posées par an, c'est peu.

La filière y voit pourtant un mauvais signal. L'UFME a alerté le ministère du Logement et le Premier ministre sur « les conséquences pénalisantes de cette réforme pour la filière française Portes & Fenêtres », et le Conseil national de l'habitat a rendu un avis défavorable. L'organisation rappelle que 40 % des propriétaires commencent leur rénovation par les fenêtres, et que 71 % d'entre eux enchaînent ensuite avec d'autres travaux.

Plusieurs dirigeants ont dit la même chose dans la presse professionnelle : ce qui pèse, c'est l'instabilité. « La filière a besoin de stabilité. Modifier les règles fragilise la confiance », résume Grégory Mériaux, de MIndustries, cité par Verre & Protections.

Ce que cela change pour un fabricant

La prime disparaît, le besoin reste. Trois conséquences pratiques.

L'argumentaire de vos revendeurs doit changer. « Vous avez droit à une aide » ne tient plus pour un remplacement seul. Le discours se déplace vers le confort, les économies d'énergie, l'esthétique et la valeur du bien.

Le client hésitera davantage. Sans coup de pouce, la décision repose sur l'envie et sur la confiance. Voir le produit avant de signer compte plus qu'avant. C'est l'intérêt d'un rendu 3D en temps réel et d'une visualisation in situ, qui projette la menuiserie sur la photo de la façade.

Le devis doit être rapide et juste. Sur un marché en recul, le premier à répondre avec un chiffrage exact a un avantage. Un configurateur donne ce chiffrage au revendeur sans attendre le fabricant.

Cette réforme arrive sur un marché déjà en baisse depuis trois ans. Nous faisons le point dans Marché de la fenêtre 2026 : les chiffres.

Sources

BD
Rédigé par
Benjamin Ducharne
Co-fondateur, Simplyfirst