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Actualités4 min de lecture

Double vitrage ancien : 30 % des logements

30 % des logements français ont encore un double vitrage de première génération, selon une étude citée par l'UFME. Un gisement pour les fabricants.

Près de 30 % des logements français seraient encore équipés de fenêtres à double vitrage de première génération, posées avant les années 2000. C'est le constat d'une étude de TBC Innovations, réalisée en 2025 et mise en avant par l'UFME en début d'année 2026. Pour la filière, ces fenêtres forment le prochain gisement de la rénovation, à condition de faire comprendre aux propriétaires qu'un double vitrage peut être dépassé.

Ce que dit l'étude

L'UFME s'appuie sur une étude de TBC Innovations de 2025. Elle estime que 30 % des logements, maisons et appartements confondus, ont des fenêtres à double vitrage dites de première génération. Ces menuiseries ont été posées avant les années 2000, et leur coefficient de transmission thermique Uw se situe entre 3 et 4,5 W/m²K.

Plus ce coefficient est bas, plus la fenêtre isole. Les fenêtres posées aujourd'hui en rénovation affichent des valeurs nettement inférieures. L'écart explique la demande de l'UFME : traiter ces fenêtres comme un chantier de rénovation énergétique à part entière.

Ce que demande la filière

L'UFME a porté le sujet à la mi-janvier 2026, lors d'un webinaire qui a réuni environ 80 entreprises, avec Velux, la Chambre syndicale des fabricants de verre plat et l'Union des transformateurs de verre plat. Deux demandes en sont sorties, rapportées par Batiweb :

  • accélérer le remplacement de ces fenêtres, pour « accompagner la massification de la rénovation énergétique » ;
  • faire évoluer les critères d'éligibilité des aides publiques, MaPrimeRénov' et CEE.

Un calendrier contrarié

Sur le second point, la filière n'a pas été entendue. Depuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres est sorti du parcours « par geste » de MaPrimeRénov'. Il reste finançable dans une rénovation d'ampleur, par les CEE, par l'éco-PTZ et avec la TVA à 5,5 %. Le détail est dans notre article MaPrimeRénov' fenêtres : ce qui change.

Le gisement existe donc toujours, mais il devra être travaillé avec moins d'aides directes.

Pourquoi ce marché est difficile à déclencher

Remplacer un simple vitrage se vend tout seul : le propriétaire a froid, il entend la rue, il voit la buée. Avec un double vitrage de 1995, rien de tel. La fenêtre ferme, elle n'a pas l'air vétuste, et son propriétaire est convaincu d'être bien équipé.

Trois arguments permettent d'ouvrir la discussion.

La performance

Un double vitrage n'en vaut pas un autre. L'écart de performance entre une fenêtre de 1995 et une fenêtre actuelle est mesurable.

Le confort

Paroi froide en hiver, surchauffe en été, bruit : ce sont les gênes que le propriétaire ressent sans les relier à ses fenêtres.

L'allure

Profils plus fins, couleurs, grandes dimensions : une fenêtre récente change une façade. 45 % des fenêtres PVC et aluminium posées en 2025 étaient colorées.

Ce que cela implique pour un fabricant

Ce gisement ne se gagne pas avec un argumentaire d'urgence. Il se gagne en donnant envie, et en aidant le revendeur à expliquer.

Donner les arguments à vos revendeurs. Un revendeur qui sait dire en une phrase pourquoi un double vitrage de 1995 est dépassé vend plus facilement. Fiches, comparatifs de performance, exemples de chantiers : ce matériel vient du fabricant.

Montrer le résultat avant les travaux. Sur un achat d'envie, voir la nouvelle fenêtre sur sa propre façade pèse lourd dans la décision. C'est ce que permet la visualisation in situ : le client prend une photo, le produit configuré y est projeté.

Rendre le chiffrage immédiat. Un particulier qui n'est pas pressé abandonne vite si le devis tarde. Un configurateur de menuiserie donne un prix pendant le rendez-vous.

Sources

BD
Rédigé par
Benjamin Ducharne
Co-fondateur, Simplyfirst